Revue : la metformine n'augmente pas le risque d'acidose lactique ni les concentrations de lactate dans le diabète de type 2
Question
Chez les diabétiques de type 2, quel est le risque d'acidose lactique fatale et non fatale associé à la metformine comparativement au placebo ou à d'autres traitements hypoglycémiants ? La metformine augmente-t-elle les concentrations de lactate ?
Méthodes
Sources des données : Cochrane Library, Medline, Reactions et EMBASE/Excerpta Medica (jusqu'à mars 2002) ; références des articles et revues identifiés ; résumés de conférences cliniques ; auteurs des études concernées et fabricants de la metformine.
Sélection et évaluation des études : Essais comparatifs randomisés (ECR) ou études de cohortes = 1 mois ayant comparé la metformine, seule ou associée à d'autres traitements, au placebo ou à d'autres traitements hypoglycémiants utilisés dans le diabète de type 2. La qualité méthodologique a été évaluée sur des critères prenant en compte la procédure de randomisation, l'insu, les sorties d'étude et les arrêts prématurés.
Critères : Acidose lactique fatale, acidose lactique non fatale et concentrations sanguines de lactate avec la metformine comparativement au placebo ou aux autres médicaments non biguanides, et avec la metformine comparativement à la phenformine.
PRINCIPAUX RÉSULTATS
194 études (126 ECR et 68 études de cohortes ; n = 56 692 ; âge moyen : 57 ans ; hommes : 61%) ont rempli les critères de sélection. La durée moyenne des essais a été de 2,1 ans. La metformine a été administrée à la posologie, ajustée cliniquement, de 1 à 3 g par jour. Les traitements non biguanides de comparaison étaient les suivants : placebo, régime, insuline, glyburide, gliclazide, glipizide, glibenclamide, glimepiride, chlorpropamide, tolbutamide, acarbose, nateglinide, repaglinide, miglitol, troglitazone, rosiglitazone et gomme arabique. 44% des essais ont permis l'inclusion des insuffisants rénaux ou ne les ont pas explicitement exclus. Aucun cas d'acidose lactique fatale ou non n'a été rapporté dans l'une des études incluses. Le test de Poisson et les IC à 95% ont montré que la limite supérieure probable de l'incidence réelle de l'acidose lactique dans le groupe metformine et les groupes de comparaison était respectivement de 8,1 et 9,9 cas pour 100 000 patients-années. Les groupes n'ont pas différé en termes de changements par rapport à l'état basal des concentrations de lactate (différence moyenne pondérée [DMP] : 0,11 mmol/l ; IC à 95% : -0,01 à 0,24). Le groupe metformine et les groupes de comparaison n'ont pas différé en termes de concentrations moyennes de lactate en cours de traitement (DMP : 0,06 mmol/l ; IC : 0 à 0,1). En revanche, les concentrations moyennes de lactate ont été plus basses chez les patients traités par la metformine que chez ceux traités par la phenformine (DMP : -0,8 mmol/l ; IC : -0,9 à -0,6).
CONCLUSION
Chez les diabétiques de type 2, la metformine n'est pas associée à un risque accru d'acidose lactique ou à une augmentation des concentrations de lactate.
Résumé et commentaire publiés dans Evidence-Based Medicine 2004;9(4):111 et dans ACP Journal Club.


