Le contrôle intensif de la glycémie diminue les complications du diabète de type 2
UK Prospective Diabetes Study Group. Intensive blood-glucose control with sulphonylureas or insulin compared with conventional treatment and risk of complications in patients with type 2 diabetes (UKPDS 33). Lancet. 1998; 352:837-53.
Question
Chez les patients atteints d'un diabète de type 2 nouvellement diagnostiqué, quel est l'effet du contrôle glycémique intensif sur le risque de complications macrovasculaires et microvasculaires ?
Plan expérimental
Etude comparative randomisée, avec un suivi médian de 10 ans.
Cadre
23 services hospitaliers de diabétologie au Royaume-Uni.
Patients
3 867 patients (âge moyen : 53 ans, 61% d'hommes, indice moyen de masse corporelle : 27,5 kg/m2) présentant un diabète de type 2 nouvellement diagnostiqué et une glycémie à jeun (glycémie) comprise entre 6,1 mmol/l et 15,0 mmol/l après 3 mois de traitement diététique sans symptômes d'hyperglycémie. Les critères d'exclusion ont été les suivants : cétonurie > 3 mmol/l, créatininémie > 175 µmol/l, infarctus du myocarde (IdM) pendant l'année précédente, insuffisance cardiaque ou angor, événements vasculaires majeurs, rétinopathie nécessitant un traitement par laser, hypertension artérielle maligne, endocrinopathie non corrigée, profession interdisant l'insulinothérapie ou pathologie concomitante sévère. Le suivi a été assuré à 96%.
Intervention
Après stratification en fonction de l'obésité (poids corporel > 120% du poids idéal), 2 729 patients ont été soumis, par tirage au sort, à un traitement intensif visant à atteindre un niveau de glycémie < 6 mmol/l (association d'un régime aux antidiabétiques oraux [chlorpropamide, glibenclamide, glipizide ou metformine] ou insulinothérapie) et 1 138 patients ont suivi un régime classique visant à obtenir des niveaux de glycémie < 15 mmol/ sans symptôme hyperglycémique.
Principaux critères de jugement
Premier événement clinique prédéfini lié au diabète, décès lié au diabète, mortalité de toutes causes, IdM, accident vasculaire cérébral, amputation ou décès par artériopathie périphérique, et microangiopathie.
Principaux résultats
L'analyse a été réalisée en intention de traiter. Comparativement aux diabétiques soumis au traitement classique, les patients soumis au traitement intensif ont présenté des taux médians d'hémoglobine A1C (HbA1C) inférieurs (7,0% vs 7,9%, p < 0,001), une réduction des événements cliniques liés au diabète (40,9 vs 46,0 événements/1 000 patients-années, p = 0,029) et à la microangiopathie (p = 0,01), une augmentation des épisodes hypoglycémiques majeurs (0,7%/an sous traitement classique, 1,0%/an sous chlorpropamide, 1,4%/an sous glibenclamide et 1,8%/an sous insuline, p < 0,001), et un gain pondéral moyen supérieur de 3,1 kg (p < 0,001). Aucune différence n'a été observée en ce qui concernait les complications macrovasculaires, les décès liés au diabète ou la mortalité de toutes causes.
Conclusion
Chez les patients atteints d'un diabète de type 2, le contrôle intensif de la glycémie diminue les événements liés au diabète et à la microangiopathie diabétique, augmente les épisodes hypoglycémiques majeurs et n'a pas d'effet sur les complications macrovasculaires.
Sources de financement : 11 organisations gouvernementales, universitaires et caritatives, ainsi que 19 laboratoires pharmaceutiques indépendants.
Correspondance : Pr R. Turner, U.K. Prospective Diabetes Study Group, Diabetes Research Laboratories, Radcliffe Infirmary, Oxford 0X2 6HE, England, UK.
Résumé et commentaire publiés dans Evidence-Based Medicine 1999;4(1):10 et ACP Journal Club 1999;130:2.


