Un programme de soutien familial retarde le placement en institution des patients atteints de maladie d'Alzheimer
Mittelman MS, Ferris SH, Shulman E, et al. A family intervention to delay nursing home placement of patients with Alzheimer disease. A randomized controlled trial. JAMA 1996;276: 1725-31.
Objectif
Déterminer l'efficacité à long terme d'un programme de soutien aux personnes soignant un conjoint atteint de maladie d'Alzheimer (MA).
Plan expérimental
Etudes contrôlées randomisées, avec un suivi pouvant atteindre 8 ans.
Cadre
Un centre de recherche à New York, aux Etats-Unis.
Patients
206 sujets (58% de femmes) assumant l'essentiel des soins d'un conjoint atteint de MA et vivant au domicile. Les patients ou les soignants devaient avoir au moins un parent dans la région de New York et ne participer à aucun autre programme ou groupe de soutien.
Intervention thérapeutique
Les soignants ont été répartis entre un groupe expérimental (n = 103) et un groupe témoin (n = 103). L'intervention comportait des séances de conseil individuelles et familiales, des réunions hebdomadaires avec un groupe de soutien et un contact avec des conseillers, disponibles en permanence pour aider les soignants à surmonter les périodes de crise et faire face à la symptomatologie fluctuante de la maladie.
Principaux critères d'évaluation
Délai avant le placement en institution des patients atteints de MA et facteurs prédictifs de ce placement.
Principaux résultats
Le délai avant placement en institution a été plus long pour les patients dont les soignants ont bénéficié de l'intervention, comparativement au groupe témoin (durée médiane de séjour à domicile ajustée pour le sexe du soignant : 1 203 jours vs 874 jours, IC à 95% pour la différence médiane de 329 jours : 47-611, p = 0,02). L'analyse monofactorielle en intention de traiter a montré que la probabilité d'un placement était plus élevée avec un soignant de sexe féminin (relative hazard [RH] : 1,48, IC à 95% : 1,03-2,14 ; p = 0,04). Les autres facteurs prédictifs de placement étaient l'augmentation de l'âge du malade (RH : 1,33, IC : 1,05-1,68 ; p = 0,02), la gravité de la démence (RH pour une démence sévère : 25,6, IC : 3,53-185 ; p = 0,001), l'aggravation de la dépression du soignant (RH : 1,05, IC : 1,02-1,07 ; p = 0,001) et son attitude de plus en plus négative face au comportement perturbé du malade (RH : 1,11, IC : 1,08-1,14 ; p < 0,001). La probabilité de placement d'un malade aux revenus annuels de 100 000 dollars US était de 62% inférieure à celle d'un malade ayant un revenu de 10 000 $ US. L'analyse de l'effet de l'intervention par le modèle des risques proportionnels de Cox a montré que l'intervention diminue le risque de placement en cas de démence légère (RH : 0,19, IC : 0,05-0,82, p = 0,03) à modérée (RH : 0,43, IC : 0,20-0,96, p = 0,04), mais tend à l'augmenter en cas de démence grave (RH : 2,26, IC : 0,97-5,27,
p = 0,06).
Conclusion
Un programme de soutien, de formation et de conseils dispensés à la demande aux personnes soignants un proche atteint de MA légère à modérée retarde le placement du malade dans une institution.
Source de financement : National Institute of Mental Health.
Correspondance scientifique : Dr M.S. Mittelman, Aging and Dementia Research Center, New York University Medical Center, 550 First Avenue, THN 312C, New York, NY 10016, Etats-Unis. Fax : 212-263-6991.
Abstract et commentaire publiés également dans ACP Journal Club 1997;126:67.


